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13.10.2016

Agence Congolaise de la Faune et des Aires Protégées : Frédéric Lambert BOKANDZA PACO nouveau Directeur Général

M. Pierre TATY, Directeur de Cabinet du Ministre de l'Economie forestière, du Développement Durable et de l'Environnement a supervisé le 14 septembre 2016 au siège de l'Agence Congolaise de la Faune et des Aires Protégées (ACFAP) la cérémonie de passation de consignes entre M. Frédéric Lambert BOKANDZA PACO, Directeur Général entrant et M. Constantin MBESSA, Directeur Général sortant appelé à d’autres fonctions.


Le nouveau DG ACFAP recevant du DIRCAB, les symboles de commandement

M. Frédéric Lambert BOKANDZA PACO, Ingénieur des Techniques Forestières, a été installé dans ses fonctions de Directeur Général de l’Agence Congolaise de la Faune et des Aires Protégées (ACFAP) par le Directeur de Cabinet du Ministre de l’Economie Forestière du Développement Durable et de l’Environnement en remplacement de M. Constantin MBESSA conformément à la note de service n°1285 MEFDDE/ CAB-CAJ du 10 septembre 2016 instituant la cérémonie. L’investiture s’est traduite par le fait que le Directeur de Cabinet en vertu des pouvoirs qui lui sont conférés a remis les sceaux et les clés qui ouvrent les portes au Directeur Général entrant. 

Avant tout M. Constantin MBESSA a présenté dans son rapport moral l’état des lieux et les difficultés qu’il a rencontrées durant le temps qu’il est resté à la tête de l’ACFAP. L’Agence Congolaise de la Faune et des Aires Protégées est un Etablissement Public Scientifique, Technique et Administratif doté d’une personnalité morale et d’une autonomie financière. Elle a été créée par la loi 34-2012 du 31 octobre 2012 et placée sous la tutelle du Ministère en charge des Aires Protégées.

De façon générale, l’ACFAP a pour mandat de mettre en œuvre la politique nationale en matière de faune et des Aires Protégées ainsi que des Unités de Surveillance et de Lutte Anti Braconnage (USLAB) sur toute l’étendue du territoire national. 

L’ACFAP a entre autres principales missions d’assurer la préservation et la conservation de la biodiversité ; apporter un appui administratif et technique aux aires protégées, aux USLAB ainsi qu’aux conseils locaux et en assurer la coordination ; contribuer à la recherche scientifique en matière de conservation et développer les mécanismes de financement durable des aires protégées et USLAB ; contribuer au développement durable et au bien-être des populations vivant à l’intérieur et en périphérie des aires protégées et des USLAB ; proposer et mettre en œuvre les procédures de classement et de déclassement des aires protégées ; coordonner la coopération et le partenariat avec les autres institutions de même nature.

Les organes de gestion de l’ACFAP sont : le Conseil National de la Faune et des Aires Protégées dont le décret de mise en place est sur la table du gouvernement ;le comité de gestion qui venait de tenir sa première session en mars 2016; la direction générale avec deux services rattachés et ses quatre (4) directions ; 17 aires protégées constituées de : 3 sanctuaires, 4 parcs nationaux, 4 réserves de faune, 1 réserve communautaire et 1 réserve forestière de la patte d’oie; 1 réserve de biosphère, 2 domaine de chasse, 1 zone d’intérêt cynégétique; six (6) USLAB dont cinq (5) qui sont fonctionnelles. Thanry Congo est une USLAB qui est en train de se mettre en place. Il y a aussi comme organe 2 projets de gestion des écosystèmes périphériques aux parcs nationaux. Il s’agit du projet NGOMBE du Parc National d’Odzala Kokoua,  et le projet KABO du Parc National Nouabalé Ndoki. 

Notons que toutes les aires protégées du Congo sont gérées soit en partenariat public/privé c’est le cas des Parcs nationaux d’Odzala et de Nouabalé Ndoki; soit en cogestion c’est le cas du Parc de Conkouati Douli, la réserve communautaire du lac télé, la réserve naturelle de Tchimpounga, le sanctuaire de gorilles de Lesio Louna. Les autres Aires Protégées sont uniquement gérés par l’Etat et peinent à fonctionner faute de ressources suffisantes.

S’agissant du personnel le directeur général sortant a dit que l’agence accuse un déficit criard. A ce jour l’effectif réel est de 771 agents dont 155 fonctionnaires et 616 contractuels. Le besoin réel en personnel se chiffre à 3200 agents soit un déficit de 2429 agents. Il va falloir recruter 2429 agents pour permettre aux Aires protégées de fonctionner normalement.

Les cinq antennes prévues, une à Impfondo, une à Ouesso, une aux encablures d’Oyo et d’Owando, une autre à Dolisie et enfin une à Pointe Noire ne sont pas encore fonctionnelles. Elles vont nécessiter un effectif de 100 agents pour leur fonctionnement à raison de 20 agents par antenne.

En ce qui concerne le matériel de l’ACFAP il est constitué des dons et legs en provenance du projet Appui à la Valorisation des Aires Protégées (AVAP), de l’USAID, du budget de l’Etat via la Direction des Etudes et de la Planification du MEFDDE, du PRONAR, de l’ECOFAC 5 RAPAC ; du PFDE elle a reçu cinq coques nautiques et cinq moteurs hors-bord et des gilets pour les USLAB ; l’Agence a reçu aussi du matériel du PASEPCO. Le plus grand nombre de ce matériel est presque hors d’usage en dehors du groupe électrogène de 40 KWA hérité du PAVAP et des scanners de l’USAID qui fonctionnent. Elle s’est aussi dotée sur préfinancement d’un fournisseur, du mobilier moderne de bureau, un salon pour le bureau du DG et une table de mixage avec six micros. D’autres équipements seront complétés après règlement du fournisseur. L’ACFAP détient aussi les équipements de l’école de Mossendjo dans son magasin.

Pour ce qui est des ressources financières de l’ACFAP elles relèvent des dispositions de l’article 7 de la loi 34-2012 portant création de l’Agence Congolaise de la Faune et des Aires Protégées. Cependant faute de cadre fiscal. A ce sujet l’Agence a commis. L’ACFAP a fonctionné avec le budget de l’Etat et du Fonds Forestier ainsi que des ressources propres prélevées à titre expérimental sur les droits d’entrée dans les aires protégées. 

Pour l’exercice 2012 l’ACFAP n’a rien reçu de l’Etat ; en 2013 elle a reçu 221 millions pour la direction générale et les Aires Protégées; en 2014 l’ACFAP a été dotée de 210 675 000 F; en 2015 un budget de 19 323 750 F a été alloué à l’Agence; en 2016 aucun budget ne lui a été affecté ni par l’Etat ni par les deux Fonds. 

Le Fonds Forestier a aussi financé l’ACFAP. En 2012 20 millions ; en 2013 53,9 millions ; en 2014 57 millions ; en 2015 83,6 millions. Les recettes propres ont été de l’ordre de : en 2012  13 619245 F et en 2015  44 299 millions.

La même année c'est-à-dire en 2015 l’agence a reçu l’appui financier d’ECOFAC RAPAC d’un montant de 99 millions de francs. 90% de ce montant ont été décaissés. Ce qui a permis d’équiper cinq Aires Protégées. Les ressources propres de 2016 se chiffrent à 17 984 613 F provenant uniquement des droits de visite et ont permis de payer les salaires du mois de juillet 2016 des agents contractuels et assurer les charges de fonctionnement.

Tout compte fait au moment ou le directeur sortant quitte ses fonctions l’Agence a une dette de 61 484 900 F envers le personnel et les tiers.

Les orientations et les recommandations du premier comité de direction ont constitué les dossiers que le directeur sortant a transmis à son successeur. Comme orientations il s’agit de : diligenter la nomination et l’affectation d’un comptable et d’un délégué du contrôle budgétaire par le ministre des Finances; doter l’agence d’un plan comptable et d’une nomenclature budgétaire. Au niveau de l’ACFAP ce travail a été fait avec l’appui de la direction générale de la comptabilité publique. Il reste donc à soumettre les deux documents au prochain comité de direction pour validation ; diligenter la signature de l’assistance technique avec Kenyan Wallers Service (KWS) pour l’opérationnalisation de l’ACFAP.

Le processus engagé avait été interrompu faute de moyens. Il revient donc au DG entrant de relancer le processus ; réaliser une étude bancable présentant les avantages liés à la valorisation des aires protégées à court moyen et long termes avec l’appui de KWS. C’est un travail qui doit être poursuivi quand les moyens seront disponibles ; transformer les contrats des éco gardes en contrats publics et veiller à leur intégration. A ce jour 160 contrats ont été convertis ; réajuster et finaliser le plan de travail annuel budgétisé 2016 avec l’appui de la DEP.

Les autres dossiers en cours à savoir le suivi du processus de création de nouvelles aires protégées ; l’élaboration de la stratégie nationale de lutte contre l’exploitation et le commerce illicite des produits de la faune et de la flore sauvage ; l’appui au renforcement des capacités institutionnelles et techniques de l’ACFAP par US FOREST SERVICE suite au protocole signé entre le ministre de l’Economie Forestière du Développement Durable et de l’Environnement et l’Ambassadeur des USA au Congo. A ce sujet US FOREST SERVICE a recruté une  expertise pour l’élaboration du manuel de procédure le travail est en cours. Il restera à le soumettre à la tutelle pour validation ; le recrutement des contractuels du MEFDDE-ACFAP à la fonction publique. Le processus a été engagé et les dossiers sont à la DGEF ; l’opérationnalisation de l’USLAB de Thanry. Onze éco gardes ont été recrutés comme contractuels et attendent la nomination d’une coordination pour être déployés ; le suivi du dossier sur le contentieux avec un privé sur le patrimoine de Dimonika ; le suivi du contentieux sur le licenciement du personnel de Conkouati et de Lesio Louna ; l’achèvement du siège provisoire de l’agence ; le règlement de la dette du personnel et des tiers ; la mise en œuvre du programme de collecte et de traitement des données à partir du logiciel IMET initié par la COMIFAC RAPAC sur financement USENPAC.

Les recommandations du comité de direction constituent aussi des dossiers à suivre. Il s’agit notamment de la préparation d’un projet de texte modifiant certaines dispositions du décret 2013-178 du 10 mai 2013 précisément les articles 11 et 23 relatifs à la composition du comité de direction et de la direction générale ; la préparation des études relatives à la valorisation économique de la faune et des aires protégées à travers l’écotourisme  en élaborant les TDR.

Avant d’évoquer les difficultés le Directeur Général sortant a signalé quelques dossiers en instance. Il s’agit du plan d’action quinquennal 2017-2021 qu’il faut réactualiser et faire valider par le gouvernement ; le projet de décret portant organisation, attributions et fonctionnement du comité national de la faune et des aires protégées qu’il faut réactualiser et renvoyer au gouvernement ; le projet de décret portant statut particulier des agents de l’ACFAP, les arrêtés portant organisation, attributions et fonctionnement des antennes départementales et le projet de textes portant organisation et fonctionnement des services et bureaux de l’ACFAP qu’il faut voir.

Les difficultés rencontrées sont nombreuses M. Constantin MBESSA a cité le défaut de subventions de démarrage ; la problématique de superposition des usages. Il a donné l’exemple d’octroi de permis minier dans les aires protégées; l’insuffisance du personnel tant en quantité qu’en qualité, l’insuffisance des moyens financiers ; l’absence des moyens roulants pour l’agence qui doit effectuer des missions de terrain ; la gestion des contentieux de faune avec le comportement de nos partenaires de la force publique et de la justice qui annihilent les efforts et découragent nos agents ; l’absence du cadre fiscal.

En perspective il faut relancer et faire aboutir les dossiers en instance ; finaliser et faire avancer les dossiers en cours ; approuver les plans d’aménagement et d’affaires des aires protégées ; systématiser la ténue des comités de pilotage et des comités techniques de suivi des aires protégées et des USLAB ; élaborer le cadre fiscal ; recruter et former le personnel; finaliser les études relatives à la valorisation économique des aires protégées à travers l’écotourisme et le tourisme synergétique ; installer le réseau informatique et le site web de l’Agence ; élaborer le plan de communication et de sensibilisation de l’agence ; acquérir les terrain pour construire les infrastructures des antennes départementales ; installer et équiper les antennes ; mettre en réseau les aires protégées les antennes départementales, les USLAB et la direction générale ; acquérir le matériel et équipements techniques pour doter les aires protégées , les USLAB et les antennes.

Pour terminer le Directeur Général sortant a dit que l’ACFAP est une structure en pleine construction qui exige une attention particulière et soutenue de son successeur pour les activités en perspective. Il a exprimé sa disponibilité à soutenir l’œuvre amorcée même à distance lorsque sa contribution sera sollicitée et a souhaité plein succès à son successeur et à ses collaborateurs.

Quant au Directeur Général entrant, il a d’abord remercié madame le ministre avant de mesurer l’ampleur des défis à relever tout en rendant hommage à son prédécesseur. Il a promis poursuivre le travail amorcé en y apportant des améliorations. Pour lui la magie du succès est dans le travail bien fait. Il exhorte donc les cadres et agents de l’ACFAP à participer à relever ces grands défis.

Pour terminer M. Pierre TATY a exhorté le Directeur Général entrant à plus d’activisme sinon à plus de dynamisme et de se donner les moyens surtout les moyens financier et enfin de travailler la main dans la main avec tous les collaborateurs pour combler les lacunes signalées. Il a aussi félicité le Directeur Général sortant pour son travail abattu en conduisant le projet à bon port.


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